Souffrir d'une tendinite

Il s'agit d'une inflammation aiguë ou chronique d'un tendon, partie terminale d'un muscle à l'endroit précis où il s'attache sur l'os, ayant comme rôle de contrôler le mouvement articulaire. La douleur est le principal symptôme ressenti. Tous les tendons du corps peuvent en être affectés.

Qu'est-ce qu'une tendinite?

Le terme « tendinite » est couramment employé pour décrire une inflammation aiguë ou chronique d'un tendon, partie terminale d'un muscle à l'endroit précis où il s'attache sur l'os, ayant comme rôle de contrôler le mouvement articulaire. Cette affection met alors instantanément en jeu un mécanisme inflammatoire et la douleur est le principal symptôme ressenti par le patient. Les blessures tendineuses peuvent être désignées comme suit :

  • Tendinite (inflammation)
  • Tendinose (changements dégénératifs du tendon)

Plus récemment, le terme « tendinopathie » a été adopté pour regrouper l'aspect clinique de la douleur et les modifications survenant dans la structure du tendon, causant un fonctionnement anormal de ce dernier.1 D'autres termes peuvent également être utilisés :

  • Tendinite d'insertion

    Une des formes la plus commune de tendinite, l'inflammation siège à l'insertion du tendon

  • Ténosynovite

    Tendinite avec atteinte à la gaine synoviale

  • Tendinobursite

    La bourse séreuse annexée à cette insertion est aussi inflammée

  • Tendinopériostite

    Une réaction osseuse sous le périoste (membrane enveloppant l'os) provoquant une excroissance à l'insertion tendineuse est aussi observée

Tous les tendons du corps peuvent être affectés par une tendinite, mais les analyses statistiques démontrent que certaines articulations sont significativement plus propices à développer cette condition2 :

  • Épaule : coiffe des rotateurs (prédominance au niveau du supra-épineux)
  • Poignet : extenseurs communs du poignet
  • Genou : quadriceps et tendon patellaire (inférieur à la rotule)
  • Cheville : tibial postérieur et triceps sural (connu également comme le tendon calcanéen ou le très célèbre « tendon d'Achille »)

* Les coudes sont également des articulations très sollicitées par les mouvements du quotidien et sont donc aussi à risque. Par contre, les termes suivants sont alors employés : épicondylite latérale, mieux connue sous le nom de « tennis elbow », et épicondylite médiale ou épitrochléite, mieux connue sous le nom de « golf elbow ».

Quelles sont les causes?

Les blessures tendineuses surviennent très souvent en milieu de travail, mais il a été rapporté que 30 à 50 % des blessures sportives impliquaient une tendinopathie.1 Bien qu'elle soient d'origine multifactorielle, elles sont la plupart du temps associées à des microtraumatismes répétés et prolongés qui endommagent graduellement la structure du tendon alors que ce dernier n'a pas le temps de récupérer avant les stress subséquents. Un traumatisme unique peut également être en cause et elles peuvent même survenir en réaction à une infection, à la prise de médication ou à une mauvaise alimentation/hydratation.

Voici quelques exemples de stress mécaniques :

  • Effort inhabituel et intensif entraînant un surmenage
  • Insuffisance ou absence d'échauffement avant un entraînement
  • Entraînement non-adapté et/ou surentraînement
  • Mauvais contrôle et/ou exécution du mouvement
  • Ergonomie de travail non-adéquate
  • Travail journalier à la chaîne impliquant un mouvement répétitif
  • Travail impliquant des vibrations

Quels sont les symptômes?

Bien que les études tendent à démontrer que la douleur serait associée aux changements dégénératifs du tendon plutôt qu'à l'inflammation, elle demeure le symptôme cardinal de la tendinite.3 On remarque aussi une enflure locale ou diffuse et une baisse de performance.

Voici dans quelles circonstances la douleur peut se manifester :

  • Lors de la mise en tension du muscle
  • Lors de la palpation directe du tendon
  • Lors d'un changement de température
  • Sensation d'accrochage douloureux lors du mouvement de l'articulation associée

Quels sont les facteurs de risque?

Évidemment, les sports et l'activité physique sont souvent associés aux blessures tendineuses, mais certains facteurs s'ajoutent et font en sorte qu'un individu est plus ou moins susceptible de développer cette affection. Parmi ceux-ci figurent l'âge, le sexe, la condition de santé (diabète, arthrite rhumatoïde, etc.) et les prédispositions génétiques.1 De plus, certaines variantes morphologiques peuvent accentuer le risque de développer une tendinite. Par exemple, un sportif ayant un affaissement de l'arche plantaire ou au contraire un pied creux, peut souffrir davantage de tendinites à répétition au niveau des membres inférieurs.

Voici les personnes présentant un risque accru de développer une tendinopathie :

  • Professionnels du domaine de la construction (ex : menuisiers, bricoleurs, peintres, etc.)
  • Personnes dont le travail, les loisirs ou les sports impliquent beaucoup de sauts, de course ou sollicitant les bras (ex : jardiniers, coiffeurs, sports de raquette, natation, soccer, golf, quilles)
  • Musiciens (prédominance aux instruments à cordes)
  • Employés de bureau, travail à l'ordinateur (ex : secrétaires)
  • Personnes âgées (récupération plus longue / tendons moins élastiques)

Comme la plupart des tendinites sont occasionnées par des gestes répétés au quotidien, personne n'est à l'abri d'en souffrir un jour ou l'autre et ce, peu importe sa condition physique. Évidemment, si certains facteurs de risque sont présents le potentiel de blessures s'accroît.

Comment traiter une tendinite?

En présence d'une douleur persistante au-delà de 5 à 7 jours, il est important de consulter un professionnel de la santé afin d'établir un diagnostic le plus tôt possible, surtout s'il y a déjà une prédisposition aux tendinites. En consultant rapidement, que ce soit une première blessure ou qu'elle soit répétitive, il est alors plus facile de traiter l'inflammation. La douleur n'est que la pointe de l'iceberg et bien que les tendons possèdent une capacité de régénération, certains changements dans leur structure peuvent devenir irréversibles. Une fibrose peut survenir, engendrer des nodosités et laisser des séquelles permanentes.

La guérison d'une tendinite est un processus délicat et prolongé même en présence d'un contexte optimal. Les évidences scientifiques actuelles demeurent limitées quant au meilleur traitement à prodiguer, mais des soins conservateurs sont initialement recommandés et voici quelques approches possibles :

  • Repos de la zone douloureuse pendant quelques jours
  • Glace sur la zone douloureuse (période de 15 à 20 minutes au minimum 2 à 3 fois par jour)
  • Traitement chiropratique (ajustements articulaires, travail musculaire, kinésiotaping, prescription d'exercices, prise de radiographies pour vérifier l'intégrité osseuse de l'articulation et/ou la présence de calcifications des tissus, etc.)
  • Traitement par ondes de choc ou laser
  • Massage aux ultrasons

Si la condition persiste ou s'améliore difficilement, voici quelques avenues pouvant être combinées aux thérapies manuelles :

  • Prescription d'analgésiques et/ou d'anti-inflammatoires sur recommandations du médecin
  • Échographie et/ou IRM pour confirmer le diagnostic
  • Infiltrations (ex : corticostéroïdes, plasma réduit en plaquettes PRP, etc.)
  • Chirurgie (ex : retirer un éperon osseux, un tissu enflammé et/ou une zone anormale du tendon, etc.)

Comment prévenir une tendinite?

Certaines précautions peuvent être prises au quotidien pour éviter de développer une tendinite ou prévenir d'éventuelles rechutes :

  • Échauffement suffisamment long et progressif avant toute activité physique
  • Exercice bien adapté selon la condition physique
  • Prendre plusieurs pauses en présence d'un mouvement répété ou d'une activité à haute intensité
  • S'hydrater suffisamment lors d'une activité physique
  • Temps de récupération adéquat après tout effort physique et entre les séances
  • Utiliser l'équipement adéquat lors de la pratique d'un sport
  • Suppression des aliments acidifiants (surtout lors d'une tendinite répétitive) : alcool, sucre, thé, café, etc.

En présence d'une variante morphologique telle qu'une modification dans la courbure de l'arche plantaire, un chiropraticien peut par exemple, travailler en cogestion avec un podiatre afin de déterminer si le port d'orthèses ou de prothèses orthopédiques est nécessaire.

Le corps humain est une machine extraordinaire, mais elle doit être respectée et bien entretenue si l'on désire qu'elle s'adapte efficacement aux changements et contraintes que lui impose la vie quotidienne ainsi qu'aux nombreuses demandes de l'utilisateur.

Le contenu diffusé sur ce site web ne sert qu'à des fins d'information et ne remplace pas une consultation avec un professionnel de la santé.

Révision :
Dre Geneviève Lauzon, chiropraticienne
Centre Chiropratique Les portes du Fontainebleau
Date de publication :
Octobre 2019
Références :
  1. K. Lipman, C. Wang, K. Ting, C. Soo, Z. Zheng, "Tendinopathy injury, repair and current exploration, Drug design, development and therapy", 2018; 12: 591-603.
  2. R. Aicale, D Tarantino, N. Maffuli, "Overuse injuries in sports: a comprehensive overview", Journal of orthopaedic surgery and research, 2018; 13:309.
  3. C. Mallac, "Tendinopathie: new thinking for an old problem", Sports injury bulletin, June 2018; 175: 5-7.
  4. Association des Chiropraticiens du Québec, "L'Épicondylite", Capsules santé, 9 au 5 juillet 2017.
  5. Association des Chiropraticiens du Québec, "Lésions professionnelles TMS", Capsules santé, 9 au 15 septembre 2018.

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